
Il y a d’abord Sonia Rykiel. Elle a créé l’univers. Avec un pull, pour elle. Un pull que tout le monde s’arrache, et une première boutique, rue de Grenelle en 1968.
1968, année révolutionnaire qui voit Sonia changer le visage de la mode. Au cœur de cette tornade, Saint-Germain-des-Prés, ses femmes cérébrales et sensuelles, son esprit singulier qui sublime tout Paris. Avec toujours un mot d’ordre, une envie, refuser l’ordinaire, l’attendu, le convenu. Alors elle invente, elle change, elle essaie. Sa signature ? Le tricot, dont elle est sacrée reine en 1970 par le Women’s Wear Daily.
À peine 2 ans et déjà reine, mais pas question de se reposer. Sonia Rykiel avance, toujours, encore, réinvente, réécrit, repense. Vive les coutures à l’envers et le pas d’ourlet, vive la démode et son souffle provocateur ! Abolissons les diktats d’une mode rigide et sans humour ! Jouons la mode qui aime les femmes, épouse leurs formes, à même la peau. Rykiel émancipe, Sonia ouvre des univers. Désormais, il y aura des rayures, des dentelles, des strass et des mots écrits sur le corps des femmes.
La femme Rykiel s’impose, progressivement, sans effort particulier, comme une évidence. La femme Rykiel c’est une femme qui séduit parce qu’elle surprend toujours. Une femme qui sort des conventions et des habitudes de son époque. Une femme qui s’éloigne avec bonheur des normes en vigueur. Une femme tout à la fois joueuse, intelligente, impertinente et sexy. Une femme univers.
Et sous nos yeux l’univers se déploie : une collection pour Les Trois Suisses en 1977 qui ouvre la mode à toutes les femmes, bientôt une ligne pour enfants, des parfums, une ligne pour la maison et des boutiques un peu partout. En 1989, c’est la création de l’autre grande marque de l’univers, Sonia By. En pleine ivresse créative, Sonia écrit ses romans, multiplie les collaborations inattendues, élargit l’univers.
Et puis il y a Nathalie. Fille, mannequin, metteur en scène de défilés mémorables et créatrice géniale de projets fous à lier, elle devient présidente de SONIA RYKIEL en 2007. En elle, la femme Rykiel brûle d’un ardent désir. Elle impose sans rien demander le sex-toy à Saint-Germain-des-Prés, crée de nouvelles lignes, collabore avec H&M, et offre à sa mère le plus incroyable des défilés : 30 créateurs venus fêter ses 40 ans de métier, un immense hommage à la rousse adorée.
Vient 2012 et une formidable envie d’aller encore un peu plus loin. C’est dit ! Le monde devient le nouveau port d’attache de Saint-Germain-des-Prés. L’univers Rykiel s’élargit mais la femme Rykiel, elle, ne change pas. Une fois de plus, elle est là où on ne l’attend pas. Imprévisible, toujours prête à surprendre, elle est aujourd’hui imaginée par un homme, Geraldo da Conceiçao. Parce que, comme le dit si bien Nathalie Rykiel : « Le talent n’a pas de sexe ».